Il meurt lentement celui qui ne voyage pas …

Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas,
Celui qui ne lit pas,
Celui qui n’écoute pas de musique,
Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour-propre,
Celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
Celui qui devient esclave de l’habitude
Refaisant tous les jours les mêmes chemins,
Celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
Et son tourbillon d’émotions
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux
Et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu’il est malheureux
Au travail ou en amour,
Celui qui ne prend pas de risques
Pour réaliser ses rêves,
Celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
N’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !

Un jour j’ai lu ce poème pour la première fois. Ce jour là je passais mon oral pour l’entrée à l’IFSI (Institut en Soins Infirmiers) à Ajaccio en Corse. Aujourd’hui, je me dis que j’aurais dû le voir comme un signe, un signe qu’il fallait que je change. Que j’allais changer.
Il m’a marqué ce poème, dès la première lecture, dès les premiers mots. Sans trop savoir pourquoi. Mais ce que j’ignorais ce jour là c’est qu’un jour il prendrait tout son sens … Ce poème de Martha Medeiros, même si je ne l’avais pas retenu par cœur, il n’est jamais sorti de mon esprit. C’était en 2oo9, 5 ans déjà, 5 longues années durant lesquelles j’ai changé, évolué. Aujourd’hui je me dis que j’en ai parcouru du chemin…

J’étais la première à me complaire dans ma routine, à tout organiser de A à Z pour être capable de tout contrôler, de tout maîtriser. Le changement me faisait peur, au plus haut point. Et puis un jour j’ai eu un déclic. La vie ce n’est pas ça, du moins ma vie comme je voulais qu’elle soit. Ça ne me plaisait plus de vivre tout le temps la boule au ventre parce que trop stressée de peur que rien ne se passe comme prévu. Trop stressée de faire en sorte que tout soit bien cadré, que chaque chose soit planifiée et bien à sa place, que tout soit parfait. La vie ce n’est pas ça non. Oh mais au moment où j’ai décidé de partir vivre ailleurs, je ne savais pas que ça me changerait à ce point là, mais je l’espérais de tout mon cœur. 

Depuis que je suis arrivée à Québec, ma vie ce n’est plus celle là, tout à changé. Alors oui une part de moi est toujours là (heureusement), et il reste une place pour la routine, surtout concernant le travail, mais je laisse également une immense part à l’imprévu.

D’aussi loin que je me souvienne, pourtant, je n’aimais pas particulièrement voyager, quitter la Corse ne m’intéressait aucunement. Jamais je n’aurais envisager partir vivre aussi loin, non jamais … Mais depuis que j’ai pu goûter au voyage, je rêve maintenant de parcourir le monde, d’ouvrir mon esprit et d’élargir mon horizon.
Je ne regrette pas de ne pas l’avoir fait plus tôt, parce que j’ai vécu d’autres choses, je suis devenue infirmière, j’ai rencontré des personnes qui comptent pour moi aujourd’hui. Et surtout, j’ai rencontré mon Chéri. Et certes je n’ai pas eu à me plaindre de mon enfance, et je ne fuis en aucun cas ma famille (au contraire, j’aime chacun d’eux plus que n’importe qui sur cette terre), mais il fallait que je le fasse, pour moi. Il y a bien trop de choses à découvrir. L’immensité de la planète, des cultures, des traditions, des paysages. La richesse de chaque pays, de chaque endroit et de chaque personne. Comment pouvais-je passer à côté ?
Aujourd’hui quand je regarde derrière moi, je suis fière de nous, de moi. Fière de ce qu’on a eu le courage de faire. J’aimerais pouvoir remonter le temps et dire à la Elodie de qui on se moquait au collège de s’accrocher de ne pas changer pour les autres, de continuer à bosser dur et qu’un jour la roue tournera et elle en fera rêver plus d’un avec ce qu’elle aura osé faire. Je ne me vante pas, c’est à la portée de chacun, je ne cherche pas non plus à dire que je suis mieux que les autres parce que je suis partie, parce que j’ai osé quitter mon île. Chacun est libre de faire ce qu’il veut, pas tout le monde n’a envie de vivre ce que l’on vit et heureusement. Mais force est de constater que pour moi en tout cas, il s’agit là de la plus belle expérience qu’il m’ait été donné de vivre jusqu’à présent et ça je ne le dois à personne d’autre qu’à moi, qu’à nous … (alors j’emmerde tous les crétins qui un jour m’ont rabaissé 🙂 Quoi que tout bien réfléchis, je leur dis merci d’avoir contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui, peut être que sans eux, je n’aurais pas eu autant de volonté que je peux avoir, ni la persévérance que j’ai développé, avec cette envie d’arriver toujours au bout de ce que j’entreprends).

A l’heure actuelle, je suis heureuse d’être là où j’en suis, d’être celle que je suis devenue. Et je suis la preuve qu’il ne faut pas avoir peur du changement et que tout le monde peut changer 🙂

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Cette photo me rappelle l’immensité du lac et donc l’immensité de tout ce qui s’offre à moi !
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8 réflexions sur “Il meurt lentement celui qui ne voyage pas …

  1. Bonjour, je suis ton blog discrètement car il raisonne en moi. Je pars en janvier vivre à Lévis / Québec et je comprends ce poème très sincèrement. Bonne continuation. Amicalement Nadège

    1. On ne sera pas bien loin l’une de l’autre ! Si tu veux m’en dire plus sur toi, ou si tu as besoin de quelque chose n’hésite pas à me contacter.

  2. Magnique ! Je viens de le lire pour la première fois, c’est un véritable tremblement de terre ce poème… Je n’avais Plus l’intention de publier sur ma page Facebook et lorsque j’ai vu ça… Le partage devait se faire, une belle coïncidence car je suis également en Corse lol…
    Ce poème doivent est une vérité absolue. Encore merci… Bonne journée…

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