Infirmière au Québec

Infirmière, infirmière auxiliaire, infirmière clinicienne… Autant de termes qui peuvent faire perdre le fil à certain(e)s. Alors voici un article pour vous aider à y voir plus clair.

L’infirmière Auxiliaire

Le Diplôme d’Études Professionnelles (DEP) s’obtient en suivant le programme de formation Santé, Assistance et Soins Infirmiers (SASI).

Le champ d’exercice selon le Code des Professions :
« Contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatif« .

Elle prodigue donc des soins et collabore avec les infirmières, médecins et autres professionnels de la santé.

L’infirmière auxiliaire n’a pas d’équivalent en France, en fait elle se situerait plutôt entre l’aide-soignante et l’infirmière (elle fait plus de choses en terme de soins que l’aide-soignante mais moins que l’infirmière).
Elle n’a pas vraiment le même rôle que l’infirmière, ses activités étant plus limitées. Elle observe attentivement, dans le but de déceler tout changement de comportement et les réactions des patients afin d’en aviser l’infirmière. De même, elle suit les directives données par l’infirmière dans la limite des ses compétences bien sûr et de ce qui lui est autorisé de faire, elle ne peut donc pas vraiment initier de soins de son propre chef (sauf si une ordonnance existe ou une directive est établie par l’infirmière).
L’infirmière auxiliaire peut par exemple prendre les signes vitaux, distribuer et administrer la médication (comprimés, pompes, sous-cutanée, patch, suppo, pas d’IV sauf les solutés sans mélange), faire des réfections de pansements (si ordonnance ou directives de l’infirmière, mais n’est pas autorisée à évaluer la plaie dans le but de modifier la « recette » du pansement), installer des CIV, des sondes vésicales et quelques autres choses encore qui ne me viennent pas forcément en tête.

Infirmière & Infirmière clinicienne

Il est possible d’exercer comme infirmière (ou infirmière technicienne) avec un Diplôme d’Études Collégiales (DEC) en soins infirmiers. Elle peut exercer en soins généraux (médecine-chirurgie).

Le champ d’exercice selon La Loi sur les Infirmières et les Infirmiers définit :
« L’exercice infirmier consiste à évaluer l’état de santé, à déterminer et à assurer la réalisation du plan de soins et de traitements infirmiers, à prodiguer les soins et les traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir et de rétablir la santé de l’être humain en interaction avec son environnement et de prévenir la maladie ainsi qu’à fournir les soins palliatifs« .

Pour être infirmière clinicienne il faut obtenir son Baccalauréat (BAC, qui n’a rien à voir avec le notre en France, puisque là il s’agit d’études à l’Université) en sciences infirmières. La clinicienne quant à elle, en plus d’exercer en soins généraux, elle peut également exercer dans des domaines un peu plus spécialisés tels que les soins intensifs ou encore les CLSC.

Comme l’infirmière technicienne, la clinicienne évalue l’état de santé, détermine le plan thérapeutique infirmier et prodigue des soins et des traitements infirmiers et médicaux. Mais en plus, elle peut concevoir et appliquer des programmes de soins, coordonner les soins et les services et participer à des projets de recherche.
En fait, mis à part qu’une technicienne ne peut pas appliquer (postuler) sur tous les mêmes postes qu’une clinicienne et que le salaire est différent (pas la même grille salariale), sur le terrain, les deux font les mêmes choses, vous ne vous rendrez même pas compte si une infirmière est technicienne ou clinicienne (sauf que c’est écrit sur le badge), le travail est le même (si ce n’est quelques détails, mais pas forcément perceptibles dans la pratique de tous les jours).

Depuis 2014, les infirmières françaises, quelle que soit leur année d’obtention du diplôme et leur expérience, sont reconnues à titre d’infirmière clinicienne.
Il existe aussi des infirmières cliniciennes spécialisées, des infirmières praticiennes et praticiennes spécialisées mais je n’en parlerais pas.

Différences infirmière en France & infirmière au Québec

Personnellement, au niveau du rôle infirmier je ne vois pas de grosses différences (tsé on reste infirmière quel que soit le pays, on prend soin, on écoute, on coordonne, on aide, on soutient, on prodigue des soins, on collabore avec d’autres professionnels etc…). D’ailleurs, la définition de l’exercice de la profession est assez similaire que ce soit en France ou au Québec.

Selon le Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 relatif aux parties IV et V :
« L’exercice de la profession d’infirmier ou d’infirmière comporte l’analyse, l’organisation, la réalisation de soins infirmiers et leur évaluation, la contribution au recueil de données cliniques et épidémiologiques et la participation à des actions de prévention, de dépistage, de formation et d’éducation à la santé (…)« .

Je trouve cependant, que l’évaluation est plus mise en avant, plus considérée et reconnue au Québec qu’en France. Pourtant, même si dans le Décret ils en parlent mais plutôt en termes d’évaluation au niveau de la réalisation des soins infirmiers, il me semble important et nécessaire que l‘infirmière soit capable d’évaluer, au-delà du soin qu’elle prodigue, l’état de santé du patient en charge afin d’aviser de façon cohérente et pertinente le médecin, mais aussi afin d’établir un plan de soins adéquat en fonction du patient.

Là où les différences se voient, c’est plutôt dans l’organisation, la charge de travail, certains soins et certaines « activités » autorisées.
Au niveau de l’organisation (pour l’endroit où j’ai travaillé, c’est à dire au CHU de Québec), le département (= service en France) est divisé en plusieurs dyades (infirmière-infirmière auxiliaire ou infirmière-infirmière) d’environ 9 à 12 patients (un peu plus quand on travaille de soir ou de nuit). On pourrait donc se dire que la charge de travail est moins lourde, mais malheureusement non, parce qu’il y a beaucoup plus de paperasses
Concernant les soins qui diffèrent, il y a par exemple la transfusion sanguine. Ici, pas de test de compatibilité au chevet du patient, on fait entièrement confiance à la banque du sang (on vérifie quand même toutes les concordances avec une autre infirmière) ! Les poches de sang peuvent et doivent être passées froides, parce qu’on ne dispose que de 4h (post-émission de la banque de sang) pour les transfuser.
Au Québec, on a le droit et l’obligation de relever et retranscrire les ordonnances des médecins (je pense que c’est ce qui m’a le plus déstabilisé à mon arrivée). On faxe à la pharmacie la prescription, et on écrit la prescription sur notre feuille de médicaments. On reçoit par la suite une feuille informatisée de la pharmacie qui nous permet de vérifier notre retranscription ainsi que la médication. De plus, l’infirmière ausculte (poumons surtout), chose qu’on ne fait pas du tout en France.

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Voilà, j’espère que cet article vous aidera à un peu mieux comprendre, si toutefois des questionnements subsistent, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

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7 réflexions sur “Infirmière au Québec

  1. Plusieurs petites questions :
    Certes cela dépend des équipes mais l’ambiance de travail avec les collègues est comment ? Est ce qu’il y a un peu plus de solidarité ? Et avec la hiérarchie,comment cela fonctionne ? Est ce que chacun respecte ses engagements et responsabilité ? ( ici la réglementation des horaires,repos,accès aux formations,… N’est quasiment pas respecté mais on se fait taper sur les doigts pour le moindre oubli). et avec les médecins sont il perçus la bas aussi comme des dieux tout puissant qu’il nous faut vénérer ? (J’exagere à peine).
    Et concernant la charge de travail, biensur ça ne peut pas être idyllique mais y trouves tu ton compte par rapport à la France ? Je sais qu’il y a beaucoup plus de paperasse, est ce que cela (ou d’autres choses) vous font passer des journées à 15 000 à l’heure sans même pouvoir profiter ?
    Navrée pour cet interrogatoire.

    1. En fait, je ne peux pas répondre à tes questions dans la mesure où, comme tu le dis, ça dépend. En effet, ça dépend d’énormément de facteurs, des attentes et critères de chacun, des équipes, des hôpitaux, des villes …
      Ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas eu à me plaindre. Pour ce qui est des repos et horaires, c’est tout à fait réglementé et respecté (grâce au syndicat, très investi). L’accès aux formations est top, on a des formations souvent, proposées dans les hôpitaux et bien payées la plupart du temps (on a un certain nombres d’heures de formations obligatoires à faire, imposés par l’ordre infirmier).
      La paperasse prend 80% de ton temps, tu passes moins de temps avec les patients je trouve, et ça peut plomber ta journée et te mettre dans le jus très facilement.

  2. Bonjour,

    J’ai une question concernant la spécialité d’infirmière puéricultrice. Je vais commencer ma formation d’infirmière au Cégeps de Chicoutimi en 2018. Cependant personne ne m’a dit comment on peut travailler auprès des enfants. J’ai un diplôme d’auxiliaire de puériculture et donc travailler auprès des adultes comme infirmière ne m’intéresse pas du tout. Tu peux m’en dire un peu plus?

    1. Merci beaucoup Élodie, une infirmière technicienne peut travailler en néonat où il faut être bachelière ? Tu sais si je peux travailler en maternité auprès de la sage-femme?

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